L'histoire d'un village, c'est d'abord celle de son clocher, et il n'est pas dans notre pays, de clocher de village sans coq.

Or le coq du clocher de Maudétour-en-Vexin battait de l’aile depuis quelques années. Les intempéries, les grêles et les tempêtes de mars ou de l’automne l’avait durement éprouvé et son plus bel ornement, sa magnifique queue en panache, s’était envolée sur un coup de vent particulièrement agressif. De sorte que, girouette déséquilibrée, il n’indiquait plus la direction du vent qu’avec quelque fantaisie, peut-être pour se venger d’avoir été ainsi maltraité !
Après trente ans de bons et loyaux services et ainsi atteint dans son intégrité, il méritait donc de bénéficier de sa retraite.
C’est pourquoi la municipalité avait volontiers accepter l’offre généreuse qui lui avait été faite, voici deux ans par M. Claude Pigeard, le ferronnier d’art de Wy-dut-joli-village, de forger un nouveau coq pour notre clocher, ainsi que nous l’avions annoncé dans ce journal (voir le n°26 de janvier-mars 1978 ). La promesse a donc été tenu et grâce à M. Pigeard auquel j’ai adressé au nom de tous les chaleureux remerciements et les compliments qu’appelaient son est et son talent, un nouveau coq est venu se poser, le dimanche 10 février 1980 au sommet du clocher. A la vérité la chose se fit avec discrétion que certains habitants du village auront regrettée : qu’ils s’en consolent en se souvenant du froid très piquant de se matin là et du fait que grâce au lieutenant Pierre Cheron, la grande échelle des pompiers de Magny-en-Vexin avait pu être mobilisée pour permettre à notre coq de se percher exactement à l’endroit convenable. Il y parvint grâce à l’aide du sergent Paul Cheron, qui, de passage la veille à Wy, avait reçus l’oiseau des mains de son créateur.

Selon la tradition, le coq enrubanné par les soins de Mme Cheron mère, a d’abord été béni à l’issue de la messe dominicale et dûment présenté par le Maire au personnes présentes, selon l’usage du Vexin.
A la vérité, la tradition eut exigé qu’on lui fit parcourir toutes les rues du village, mais comme il a été dit, le temps ne se prêtait guère à cette promenade. Donc M. Paul Cheron escalada allègrement l’échelle déployée jusqu’au faîte du clocher et installa notre emblème, dont chacun peut maintenant admirer les différentes formes.
Il est curieux de rappeler à ce propos que le mot "coq" est apparu dans la langue française en 1138 et l’on se souvient que notre village date de 1160 environ, donc sensiblement de la même époque. Les religieux, défrichant la forêt, créèrent "Maldestor", placèrent t-ils un coq sur le clocher de la première chapelle de leur couvent ? Je laisse à nos érudits amis (Amis du Vexin français et du centre archéologique du Vexin français) le soin de nous éclairer à ce sujet. Je m’en tiendrai à préciser que le mot " coq" vient du cri de ce volatile, qu’il a pour étymologie l’ancien français "jal", du latin "gallus" qui signifie à la fois "coq" et "gaulois".

Nous voici donc rassurés sur l’origine de l’oiseau symbolique, ce coq gaulois qui est l’un des insigne de la nation française, non pas depuis toujours, d’ailleurs, mais depuis le début du XIXe siècle, et, disent les dictionnaires, surtout depuis la révolution de 1830 et c’est ainsi que notre village aura discrètement commémoré le cent cinquantième anniversaire de cet évènement.
Ce coq bien français, donc, sur le clocher d’un vieux village de l’Ile de France, m’est l’occasion de renouveler les remerciements des Maldestoriens à M. Claure Pigeard ainsi qu’un MM. Pierre et Paul Cheron et leurs camarades pompiers de Magny-en-Vexin qui ont participé à l’opération contée ci-dessus.
Mais ne faudrait t-il pas rappeler que les précédent coq avait été fabriqué et installé en 1950 par des soins de M. René Michel, alors Maire de Maudétour-en-Vexin et que la réfection du clocher avait été assurée à cette époque par l’entreprise Cheron. L’histoire de cet ancien coq, lequel orne maintenant la salle de la mairie, sera, je le souhaite, raconte quelque jour dans la rubrique "Maudétour, un petit village du Vexin" et ce sera à nouveau l’occasion de saluer l’attachement de nos amis Cheron à notre village.