L'ancienne église de Maudétour a été construite en 1149. Pendant que son mari, Galeran II, Comte de Meulan, était en Terre Sainte, Agnès de Monfort fit reconstruire 17 églises paroissiales qui avaient été détruites par les guerres toujours allumées entre les rois de France et d'Angleterre, ou endommagées par le temps.

L’église de Maudétour était de ce nombre et dépendait d’un prieuré dont il restait encore 1835 quelques pans de murs avec croisées en ogives (A.Andry). Elle fut bénite en 1150 par Monseigneur Hugues d’Amiens, Archevêque de Rouen (1130-1165) et dédiée à la Vierge Marie. Guillaume l’Aiguillon, comte de Chaumont et Hugo de Rupe, de la Roche-Guyon assistaient à la cérémonie.
S’il faut croire les chroniqueurs de notre Vexin, de même que les églises de Genainville et Gadancourt étaient confiées à des moines, celle de Maudétour l’étaient de ce fait appelé "collégiale". Elle dépendant du prieuré de Pontoise.
Pour assurer la subsistance de cette communauté à laquelle incombait, sans doute comme ailleurs, de lourdes charges (enseignement, assistance publique, etc...), elle fut dotée de revenus importants qui se montaient selon les même sources , à 25.000 livres de rente (le plus modeste des évéchés avait par comparaison 2.000. livre de rente, et celui de Strasbourg 200.000...).
Cette église était située sur une partie du cimetière actuel qui lui était attenant par la partie nord, servant déjà de cimetière. Le mur méridional actuel, c’est-à-dire le côté faisant face au village, marque à peut de chose près la limite du monument.
D’après le mémoire ci-contre rédigé en 1784 par M. Berthelot de Saint Alban, et au vue du sait d’un sanctuaire précédé d’un choeur délimité par quatre piliers sur lesquels s’élevait la bâtisse du clocher et flanqué de deux chapelles latérales, l’une dédiée à la Sainte Vierge, l’autre à Saint Eloi, formant transept, d’une nef principale avec deux petits bas-côtés. L’église était voûtée, au moins en partie.
En dernier lieu, les armoiries des comtes de Rancher étaient peintes à l’intérieur et à l’extérieur de l’église.
Au midi, se trouvait le presbytère avec un jardin clos de murs, et à peu de distance, une ferme avec un abreuvoir en face de la grille du cimetière actuel.

Cette église fut démolie en 1837, les pierres servant à édifier la nouvelle église.
Quelques années auparavant, le curé qui se sentait en insécurité dans le presbytère isolé en plaine, était venu loger au village, les paroissiens étant autorisés par les châtelains à assister à la messe dans la chapelle du château.
Ont été réinstallés dans la nouvelle église l’une des deux  cloches, la cuve baptismale, la plaque commémorant l’acte de donation du 4 juillet 1595 du curé Guillaume Bernard et, en 1997, la statue mutilé d’un saint évêque, Saint Eloi peut être, puisq’une chapelle latérale lui était dédiée, statue exhumée par le fossoyeur en octobre 1894. Cette statue est restée au pied du calvaire du cimetière jusqu’en 1955. Elle a ensuite été confiée au centre archéologique de Guiry-en-Vexin, qui l’a donc conservée précieusement en dépôt durant 42 années. Il sera à nouveau question de ce patrimoine dans la description de la nouvelle église.
Le mystère reste à ce jour entier en ce qui concerne la deuxième cloche. En effet le 7 juin 1735, M. le Curé François Drouet a béni deux cloches, et le procès verbal dressé par ses soins mentionne que les parrain et marraine de cette cloche disparue étaient Seigneur Nicolas Auger, receveur de la terre et de la seigneurie de Mézières, en lieu et place de Messire Louis-Maximilien Dabost, conseiller du Roy en sa Cour de parlement, et demoiselle CatherineAuger en lieu et place de dame Madeleine Catherine de la Vigne, épouse de Messire Jean-Charles de Laudon, conseiller du Roy, ancien président en sa Cour. La statue de Saint évêque a été ramenée en l’église de Maudétour-en-Vexin le samedi 8 novembre 1997 et a été installée en son nouvel emplacement derrière la cuve baptismale le 5 décembre par M. Alain Ferrari.