La forêt d'Arthies était autrefois immense et servait de zone de refuge pour les habitants des environs désireux d'échapper aux menaces des envahisseurs normands. Louis VIII (1223-1226) donna d'importantes parcelles aux moines de la région, afin que ceux-ci les défrichent, y bâtissent des églises et y prêchent le peuple.

La forêt s’étendait de Saint-Jean-de-Latran près de Bray au clocher d’Omerville, de là au clocher de l’ancienne église de Maudétour à l’emplacement du cimetière actuel, de là à celui de Gadancourt, de là à la croix d’Avernes, de là au clocher de Jambville, de là au clocher de Fontenay-Saint-Père, de là au clocher de Saint-Martin-la-Garenne, et de là la Seine.

Les clochers en pierre servaient de bornes afin qu’aucun seigneur ne put les déplacer.

Domaine royal, la forêt était divisée en fiefs dépendant de la seigneurie de La-Roche-Guyon, avec droit de chasse sur toute son étendue (Charte de 1211 du Roi Philippe-Auguste). Louis IX (Saint Louis) fait prisonnier lors de la bataille de la Mansourah en 1250, au cours de la 7e croisade, épisode qu’aimait rappeler l’Abbé Michel Bernay, fut obligé, pour payer sa rançon, de vendre ce qui lui restait de la forêt d’Arthies, dont son père avait déjà donné une part importante aux différents prieurés. C’est ainsi que plus de 2000 arpents (1000 ha environ) furent vendus.

Le seigneur de Maudétour, Rubentel, en acheta 400 (200 ha environ), celui de la Roche-Guyon 1100 et celui de Chaussy 800.

Vers 1742, de graves difficultés éclatèrent entre le Duc Alexandre de la Rochefoucault de la Roche-Guyon et M. Antoine de Rancher, conseiller à la Cour du parlement de Paris, seigneur de Maudétour, La Bretêche et autres lieux, à propos de leurs droits de chasse dans cette forêt.

Le seigneur de Maudétour perdit le procès malgré le soutien des seigneurs voisins et des officiers de la maîtrise des eaux et forêt de Magny et Saint Germain.