La nouvelle église a été consacrée en 1839 : "L'an de Notre Seigneur mil huit cent trente neuf, le six du mois de novembre, nous, Louis Marie Edmond Blanquart de Bailleul, évêque de Versailles, nous sommes transportés en la paroisse de Maudétour en notre diocèse, accompagnés de nos vicaires généraux où nous avons fait la visite canonique d'une nouvelle église paroissiale élevée par le zèle de Noble dame Elisabeth, Marie, Pierrette le Vicomte de Blangy, comtesse douairière de Rancher, laquelle nous avons reconnu être construite selon les règles prescrites par les saints canons et convenablement munie de linges, ornements et vases sacrés nécessaires à la célébration des saints mystères.

Et le lendemain sept du même mois nous sommes à nouveau transportés en la dite église à neuf heures du matin à l’effet de la bénir solennellement sous l’invocation de la très Saint Vierge dans le mystère de son assomption suivant le cérémonial indiqué par le rituel de notre diocèse. La cérémonie de la bénédiction achevée, M. l’abbé Metivier, curé de la dite paroisse, nous a adressé un discours sur l’objet de la solennité et après y avoir répondue un peu de mots, nous sommes montés en chaire pour adresser nous-mêmes une instruction analogue à la circonstance, aux nombreux concours des curés du canton, des habitants de la paroisse et des fidèles des paroisses environantes. Nous avons ensuite célébré pontificalement la messe que nous avons terminée par la bénédiction épiscopale et le chant du Te Deum.

De tout quoi nous avons dressé acte que nous avons signé les jour et an sus dits".
Suivent les signatures des principaux participants : l’évêque, le doyen de Magny, les curés et seigneurs des environs.

Bâti dans le style "directoire", l’église a un aspect simple et froid. Elle s’élève près du château sur un terrain qui en a été séparé. L’entrée forme un petit porche soutenu par deux colonnes doriques avec entablement du même style surmontées d’un grand fronton triangulaire. Au dessus de la porte inférieur du poche a été placée une vierge de Lourdes offerte par M. et Mme Le Bihan, auxquels nous devons aussi le lutrin.
Au dessus, et légèrement en retrait, s’élève un petit campanile carré percé sur chaque face d’une baie à plein cintre. Il contient la cloche rapportée de l’ancienne église qui porte l’inscription suivante : " L’an 1735, j’ai été baptisée par M. François Drouet, curé de Maudétour, mon parrain a été M. Antoine de Rancher, chevalier, seigneur de Maudétour, Lieutenant du Roy du Berry Cer au parlement de Paris, ma marraine, dame Geneviève d’Angélique de Machault, épouse de Messire Guy Omer Talon, chevalier écuyer ordinaire du Roy, Crepin-Maillard marguiller ".
La cloche porte également quatre têtes d’anges avec des ailes et motifs à trois fleurs de lys intercalées (partie supérieure) et une Vierge à l’enfant tenant un lys de la main droite, ainsi qu’un calvaire avec la Vierge entourant le bas de la croix de ses deux bras, et enfin les armoiries des comtes de Rancher (partie inférieure).

Le campanile sert de perchoir au coq dû au talent de M. Claude Pigeard de Wy-dit-joli-village, coq installé le 10 février 1980 par M. Pierre Cheron, lieutenant des pompiers de Magny-en-Vexin avec l’aide de son frère Paul, sergent pompier, sous la présidence de M. Willy-Paul Romain, Maire.
Ce coq a remplacé celui fabriqué en 1950  par M. René Michel, Maire, coq qui avait perdue sa queue en panache, après avoir rempli son rôle de girouette durant 30 années. Le beffroi a été restauré en 2006. L’intérieur de l’église est dans le même style "directoire" avec un plafond en plâtre qui était orné de quelques moulures avant la guerre de 1939-1945, reposant sur des pilier carrés qui forment une nef centrale et deux bas-côtés.

En août 1944, trois obus ont causé d’importants dégâts dans l’église.

Derrière l’autel, qui n’est pas d’origine, se trouve une grande niche surmontée d’un fronton soutenu par quatre colonnes autrefois peintes en marbre, où est placée une statue de la Vierge d’Albert, en remplacement de la Vierge de l’assomption qui était en très mauvais état. Le vitrage dissimulé au sommet de la niche jette un demi-jour mystérieux sur la statue.
Au centre du fronton se trouve un oeil de boeuf enserrant un petit vitrail inspiré de l’épisode du "buisson ardent" de Moïse, et le monogamme de "Yaweh" équivalent de "Il est" en français, évoquant Dieu éternel et créateur.
La statu de la Vierge présentant son enfant à bout de bras est une reproduction de celle de l’église d’Albert, ville de pèlerinage entre Amiens et Arras où elle domine la plaine du haut du clocher. Tout comme d’Albert, elle est l’oeuvre du sculpteur Roze et est sortie des atelier Barbedienne. Elle pèse plus de deux cents kilogrammes.

L’ancien maître-autel était en bois et en forme de sarcophage avec un tabernacle soutenu par deux colonnes corinthiennes et deux pilastres cannelés avec une porte ornée de l’agneau pascal, porte en bois recouverte de plâtre avec des rayons divins en dorures. La porte du tabernacles actuel est l’oeuvre de Lambert Rucki, de même que celle du tabernacle de la chapelle latérale gauche et le chemin de croix. Le poisson eucharistique est représenté sur la porte du tabernacle du maître-autel, allusion au jeu de mots qui permit au premiers chrétiens de se reconnaître, le mot "poisson" en grec, étant composé de premières lettre de cinq mots signifiant "Jésus-Christ, fils de Dieu sauver". Cette porte dissimule le coffre-fort dans lequel étaient mis à l’abri en Mairie les tickets d’alimentation pendant l’occupation allemande en 1940-1944, tapissé pour son nouvel usage sacré d’une soie prenant du voile de mariée de Mme Truffaut, née Maillard Justine, mère de Paul.
Le crucifix ancien au dessus du tabernacle a été offert par M. André Person, prédécesseur de M. Joseph Birchem à "La Forge".

Les boiseries disposées le long des murs ont été données par M. le curé de l’église Saint François-Xavier de Paris, paroisse dont dépendaient les colonies de vacances du "Bon Conseil" accueillies dans le château Maudétour durant les années 40.

L’église est éclairée par dix fenêtres à peine cintre, initialement garnies de verres blancs avec une croix bleue, heuresement remplacés en 1954 par des vitraux de Max Ingrand, donc descriptif plus loin.
La nef était, jusqu’en 1940, garnie de bancs fermés avec une chaire très simple ornée de quatre petits reliefs représentant les quatre évangélistes. Cette chaire désaffectée a été démolie.
Les deux chapelles latérales étaient dédiées à la Vierge à la chaise, chapelle de droite, et à Saint Charles Borromée, patron du Comte de Rancher, chapelle de gauche , qui disposait jusqu’en 1945 d’une porte particulière, maintenant murée, la faisant communiquer directement avec le parc du château.
La cuve baptismale, qui provient de l’ancienne église, est classée. Elle est en pierre dure, de forme octogonale, chaque face portant un motif d’ornement sommaire avec un faible relief.
Les plaques scellées sur les deux piliers à l’entrée de l’église, symbolisent l’origine de l’aide sociale, le pilier de gauche rappelant la fondation faite en 1595 par M. le curé Guillaume Bernard, d’une rente de 30 écus pour aider à marier trois filles pauvres de la paroisse, le pilier de droite, d’une part la reconnaissance des paroissiens envers la comtesse de Rancher avec le texte ci-dessous :
Monument
Reconnaissance éternelle
Des habitants à l’unanimité
De Maudétour
A la mémoire
De Dame pette Le Vicomte de Blangy
Comtesse de Rancher de Maudétour
Vive sa noblesse Générosité.
Nos prières et celles de nos enfants seront éternelles
Paix à Mr le Comte de Rancher
Longue vie à Me La Comtesse
Et à toute son illustre famille !
6 novembre 1839
d’autre part, une plaque de reconnaissance envers M. l’Abbé Michel Bernay qui a contribué de manière importante à la restauration et à la décoration.
Cette plaque a été bénite le 18 décembre 1988 et porte l’inscription :
A Michel Bernay, Prêtre,
1914-1986
Qui a tant fait pour cette église.
Les Maldestoriens.

La fondation du curé Guillaume Bernard sera évoquée à nouveau dans le chapitre relatif à l’origine de l’aide sociale à Maudétour.On remarquera sur un autre pilier à gauche dans la nef une tête du Christ sur soie offerte par le Pape Grégoire XVI (1765-1846) pour l’église de Maudétour, et en dessous l’acte l’authentifiant. Sur un autre pilier à droite, se trouvent les restes d’une bannière de Saint-Louis. La plupart des tableaux évoquent la vie de la Vierge et du Christ. Ces tableaux sont des reproductions éditées par les musées du Louvre.


En voici leur description :
Chappel latérale gauche, au dessus de la porte qui menait au château, une "Vierge Marie" qui semble présider à l’enfance du Christ de Jean Van Eyck (1390-1441), qui aurait inventé la peinture à l’huile, et, à gauche "l’annonciation" de Van Der Weyden (1400-1464). Contre le mur, "La Visitation" de Ghirlandajo, peintre Florentin (1451-1495).
Toujours dans cette chapelle, de chaque côté de l’autel, "L’Adoration des Bergers et des Mages" de Bernardino Luini (1460-1543). Sur la gauche de l’autel, "L’Enfant Jésus travaillant avec Saint-Joseph" de La Tour, reproduction de Mantienne.
A droite de la porte, "L’Agonie au Jardin des Oliviers" du peintre primitif Andréa Mantegna (1431-1506).
Au dessus de cette porte, "Le coupe de lance" de Rubens (1577-1640) qui se trouve au Muséum d’Anvers, copie de Mantienne.
A gauche la célèbre "Piéta" de Villeneuve les Avignon, copie du tableau acheté par les Amis du Louvre.
En remontant la nef, côté droit en regardant le maître-autel, une "Mise au Tombeau" de Titien, peintre vénitien (1477-1576), puis deux tableaux de Burnand, peintre suisse (1850-1921) : "Les Apôtres Pierre et Jean courant au tombeau le jour de Pâques" en provenance de la Galerie Braun à Paris, et une peinture sur bois qui représente "L’Envoi des Apôtres le jour de l’Ascenssion", cadeau de Monsieur l’Abbé René Thilliez, confrère et ami de l’Abbé Bernay au collège Sainte Croix de Neuilly (à noter au passage que les colonnes en marbre du choeur proviennent de ce même collège).
En haut de la nef, provenant aussi de la galerie Braun, "La Martyre de Saint-Denis" qui évoque les débuts de l’Eglise, tableau représentant plusieurs scènes : la communion du Christ puis les étapes de son Martyre.
La chapelle latérale de droite est décorée de gravures de Morin, d’après les tableaux de Philipe de Champaigne (1602-1674), que les artistes du Louvre ont voulues sans couleur pour ne pas nuire à la qualité de la gravure.
A droite, on remarque la bannière encadrée de "L’Assomption de la Vierge" de Fra Angelico (1387-1455). En dessous de la statue du Sacré Coeur se trouve une réduction du célèbre retable de l’hospice de Beaune : "Le Christ triomphant de la mort et du péché entouré par des Anges porteur de trophées de la Passion et de l’arc en ciel, symbole de l’Union de Dieu et de son peuple".
On y voit aussi Saint Michel, lui même au milieu de la Vierge, de Saint Joseph, des Apôtres et de quelques Saints, qui pèse les âmes, avec à droite les élus, et à gauche les damnés.
Le tableau au dessus de la porte de la sacristie représente "La Vierge du perpétuel secours", souvenir de la mission du père Deslandes dans les années 1950.

Les vitraux du choeur illustrent une phrase de Saint Jean : 
"Dieu est amour" (à gauche) d’où le symbole du pélican nourrissant ses petites de son sang qui évoque la mort du Christ.
"Et nous avons cru à l’amour" (à droite), d’où les réponses des différentes catégories de chrétiens : la palme des martyres, la lampe allumée des vierges, l’épée du chevalier, la croisse de l’évêque, et enfin une bêche qui fait référence à la vocation agricole du village de Maudétour en Vexin.
C’est sur ce vitrail posé en 1955 que le Maître-Verrier Max Ingrand a apposé sa signature, en y ajoutant volontairement "1954", année de la pose des 9 autres vitraux.
La facture générale est celle des vitraux des XVII et XVIIIe siècles, la nuance dominante étant le doré assez doux côté château et heurté de l’autre côté comme le thème y invitait.
Les vitraux de la nef évoquent un passage de "La Passion" de Greban (1420-1471), mystère du XVe siècle qui fût joué en version abrégée à cette époque sur le parvis de Notre-Dame de Paris.
En voici les légendes qui sont tirées presque littéralement du "Chant de la Vierge" de Marie-noël, la poétesse d’Auxerre :

Côté château : 
"Joseph a taillé du hêtre pour sa couchette de bois"
"J’ai fais des points d’épine pour son bonnet rond"
"Pour ses mains et pour ses pieds des gants et des petits chaussons."

Côté cour : 
"Les Juifs ont taillé du hêtre pour lui dresser une croix"
"Nous avons tressé l’épine en couronne pour son front"
"Pour ses mains et pour ses pieds trois clous, trois poinçons."
"Nous avons un drap de toile pour l’ensevelir avec."

La statue de Saint Christophe (don de M. et Mme Maigniel), est une copie d’une oeuvre du XVIe siècle.
Les autres statues, Sainte Jeanne d’Arc, Sainte Thérèse, Saint Antoine (dons de M. et Mme Brouckaert), Saint Joseph et le Sacré Coeur (dons de M. et Mme René Michel) sont des oeuvres modernes.
La statue en bois (don de M. Paul Michel) serait une martyre ou une représentation de la vertu de Foi, car il semblerait qu’elle tenait autrefois une palme dans la main droite.
Pour la petite histoire, la statue de Saint Joseph est arrivée de Paris fin 1941, transportée par René Michel à vélo dans son sac à dos.Marque de gratitude de la part de M. et Mme René Michel, suite à la naissance mouvementé de leur fils Jean, Joseph à l’arrière de leur camionnette à gazogène.